Voila, les fêtes de fin d'année sont de nouveau passées, avec leurs lots de festins et de célébrations.
Le porcelet de noël, l'agneau du nouvel an et tous leurs accompagnements (salade russe, waldorf, vins et bières uruguayennes, medio y medio, champagne, liqueurs de palmier butia, turon...) ont été digérés, les cadeaux déballés et les voeux échangés sous l'oeil de la bienveillante Croix du Sud, amie privilégiée des belles soirées d'été.
Les deux réveillons sont l'occasion d'échanges de feux d'artifices nourris, une véritable compétition semble prendre place dans chaque quartier. Au plafond étoilé, se joigne alors les fresques éphémères, une chapelle Sixtine dépravée en symphonie explosive.
Puis nous y voila, 2014, nouvelle année, nouveaux défis et nouvelles aventures ! L'entame s'est faite très en douceur, profitant des jours fériés et des weekend prolongés pour se ressourcer au bord de la mer.
Vue depuis Punta Ballena
La démographie du pays s'est complètement inversée durant les deux premières semaines de janvier. Montevideo est déserte, on peut y traverser les rues presque sans regarder et on ne fait la queue nul part, tandis que Punta del Este se vit entre embouteillages, plages bondées et arrivée sans fin de voitures et jets privés argentins et brésiliens.
Casapueblo, oeuvre de Carlos Paez Vilaro
Le reste du temps étant passé au bureau, je n'ai pas énormément à vous raconter cette fois ci, mais j'en profite pour vous souhaiter à tous une très heureuse année 2014.
PS: Pour ceux qui arrivent à l'âge de la retraite, l'Uruguay est entré dans le Top 10 des pays dans lesquels se retirer, à bon entendeur !
2013 s'achève, une année particulièrement médiatique pour l'Uruguay. Entre leur président atypique, le mariage gay, la loi sur l'avortement et la légalisation du cannabis, l'Uruguay a régulièrement fait parler dans les médias du monde entier. Une situation qui ne plaît pas forcément aux gens d'ici, qui préfèrent faire profil bas et comme ils le disent: "ne pas être envahis"! Dernière sortie en date, l'Uruguay élu pays de l'année par The Economist, ci-dessous l'article relayé par Courrier International:
Un peu plus tôt dans l'année, France 2 avait consacré un reportage sur les expatriés français en Uruguay : http://www.francetvinfo.fr/uruguay-le-nouvel-eldorado-des-francais_437770.html Il y eu aussi ce duo composé d'un russe et d'un anglais d'origine coréenne qui avaient l'habitude de terminer leurs spectacles par une chanson au titre évocateur "Uruguay es el mejor país". La vidéo devenant populaire, le ministère du tourisme les a invité à tourner leur clip sur place, voila le résultat :
En bref quelques images pour vous faire sourire et vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes, voici le temps qu'il fait ici (images prises depuis le bus cet après-midi), il y a du monde à la plage !
Je crois qu’avec toutes ces aventures j’ai oublié de vous parler de la ville dans laquelle nous avons élu domicile !
Au large de Montevideo se mélangent les eaux argileuse du Rio de la Plata et celles d'un bleu sombre résultant des incursions de l’Océan Atlantique. Le fleuve est si large qu’on ne voit pas l’autre rive qui n’est autre que… l’Argentine. Du coup, on à l’impression d’une mer et les navires de marchandises et de croisière passant en continu renforcent cette impression.
Vue depuis la Rambla (par une froide journée de printemps)
Le fleuve est bordée par une Rambla de plus de 20 kilomètres avec des nombreuses plages et beaucoup d’espaces pour les piétons, coureurs, cyclistes, flâneurs etc. La Rambla est avant tout un lieu de vie et dès que les beaux jours arrivent, elle se remplit de monde dès la fin de la journée de travail et tout le weekend durant.
La ville s’étend d’Ouest en Est. A l’extrême Ouest, les quartiers du Cerro (colline) qui (peut être) donna son nom à la ville. Il y a débat sur le nom de la ville, mais voila l’explication que j’aime le plus : Monte (mont) VI (numéro 6 en chiffres romains) D EO (d’Est en Ouest). Soit le sixième mont vu d'Est en Ouest, nom qu’auraient donné les espagnols qui remontèrent le Rio de la Plata. Version incertaine mais poétique qui me plaît bien!
Plaza Independencia
Puis
vient le centre et la vieille ville. Entre les deux trônent la grande place de
la ville, la Plaza Independencia. Au centre une grande statue de Jose Artigas à cheval, on trouve aussi un morceau de la citadelle qui jadis entourait la
ville, le palacio Salvo et la torre ejecutiva où travaille (entre autres) le président de la république.
Ciudad Vieja (la photo n'est pas de moi)
D’un
côté de la place se trouve la vieille ville avec ses rues étroites, les charmantes façades de ces maisons sur deux étages, quelques grandes places ombragées et finalement
des rues en pentes qui terminent sur le grand port. Il y a les airs de La Havane
que j'imagine. On y trouve aussi un certain nombre de bâtiments administratifs, des banques et des ambassades.
Avec
la zone du centre, on prend de la hauteur, sur la grande avenue 18 de Julio,
les immeubles sont hauts, les rues avoisinantes sont plus agitées et encombrées, autant sur
les trottoirs que sur la route. On s’y sent comme dans toutes les grandes villes,
tout va vite, il y a du bruit, des odeurs, des vies humaines en pagaille qui se
croisent et s’entrechoquent.
« Des
visages, des figures
Dévisagent,
défigurent Des figurants à
effacer Des faces A, des
faces B A pas feutrés Attrait des formes Déforment, altèrent Malentendu entre
les tours Et c´est le fou qui était pour »
Noir
Désir
Au marché, un dimanche matin
Ensuite
vient une série de quartiers résidentiels dans un desquels nous habitons, confort
et tranquillité en sont les maîtres mots. S’y mêlent quelques grands centres
commerciaux, mais les commerces de quartier sont encore très présents
(cordonniers, ferrailleurs, tailleurs, encadreurs etc) et un grand marché à
lieu deux fois par semaine. Beaucoup d’espaces verts aussi et puis, bien sur, l’imprenable
vue sur la mer !
Puerto del Buceo et le World Trade Center de nuit (là encore pas de moi)
Plus
à l’Est se trouve aussi le World Trade Center et ses quelques buildings puis des
quartiers chics, où s’alignent des villas toutes plus belles les unes que les
autres, des hôtels de luxe…
Au
Nord de Montevideo, une succession de quartiers plus modestes, avec des maisons précaires et puis finalement, des hectares de campagne si caractéristiques de ce pays.
Voila
un aperçu rapide (peut être trop) de la ville, mais bon ceux qui veulent en
savoir plus devront nous rendre visite !
Il
y a un an, j’étais à une semaine de m’envoler pour l’Uruguay. Découvrir ce pays
dont j’avais tant entendu parler à travers Magda. Aller voir de plus près à
quoi ressemblait cette côte dorée sur fond azur, Montevideo dont le seul nom
est une invitation à la découverte, les gauchos sur leurs montures, les champs
à perte de vue, l’odeur de la viande grillée sur la parrilla ou celle d’un
océan d’embruns sur la Rambla.
Nous
y avons passés 15 jours superbes, intenses et bien sur, passés trop vite. Mais
surtout, nous étions si loin d’imaginer que neuf mois plus tard nous élirions
domicile dans la capitale sud-américaine.
Et
me revoilà ici en décembre, la barre des trente degrés franchie quasi-quotidiennement.
L’avant noël et les fêtes de fin d’année combinées à la chaleur de l’été reste
un élément surprenant. Les lunettes de soleil sont devenues l’accessoire le
plus essentiel lorsque je pars au travail, le port de la cravate n’est plus
obligatoire jusqu’en mars et les tenues d’hiver ont toutes été mises de côté.
Le contraste avec les vêtements chauds des pères-noël qui ont pris place un peu
partout est saisissant.
Playa Mansa, Punta del Este
Depuis
le weekend dernier nous avons entamé le rituel des « despedida del año ». Il s’agit de se retrouver avec les différents cercles
d’amis et compagnons d’activités au mois de décembre pour fêter la fin de l’année
en cours et l’arrivée de celle qui vient. Les rassemblements sociaux rythment
la vie de l’Uruguay et toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver entre
amis que ce soit autour d’un repas, d’un maté, d’une bière ou encore pour aller
courir.
J’en ai profité pour découvrir la station
balnéaire d’Atlantida et prendre mon premier bain uruguayen de la saison à
Punta del Este. L’eau est fraîche mais tout à fait baignable, la période
estivale s’annonce donc sous les meilleurs hospices !
Cette
semaine aura été décisive dans mon parcours en terre uruguayenne. Après deux
mois et demi ici, pas mal de choses ont fini par se débloquer. Tout d’abord
avec l’obtention de la Cédula. Sacrosainte carte pour tous les résidents du
pays. Désormais la séquence de 8 chiffres y figurant (que les habitants connaissent
en général par cœur) permet de m’identifier dans à peu près toutes les
situations de la vie quotidienne, de l’achat d’un meuble, à des fin administratives
ou encore pour gagner des jeux concours. En bref, elle était essentielle pour
ma survie à long terme sur ce territoire ! Il aura fallu passer des heures
d’attente au service des migrations puis au service de la carte elle-même, mais
finalement les choses se sont faites assez vite et bien et je la récupérais
jeudi.
La Rambla au soir
Jeudi,
également le jour où j’appris LA bonne nouvelle de la semaine : j’ai
trouvé du travail ! Et j’ai commencé… ce vendredi ! Le poste consiste
à s’occuper des approvisionnements pour le compte d’un grand groupe suisse (je
peux vous donner plus de détails personnellement pour les intéressés !).
En tout cas nous sommes très contents que ce point là se soit débloqué.
Avant le départ
Et samedi, pour compléter ma semaine d’intégration, il fallait que je participe à un événement rassemblant les uruguayens (en plus d’avoir regardé la qualification au mondial mercredi bien sûr !). Quoi de mieux qu’une grande course organisée par Nike à laquelle participait plus de 10 000 personnes !
Samedi,
depuis deux jours le baromètre est élevé, heureusement le départ est prévu à
20h30, la course se passera le temps du coucher de soleil. Un grand nombre de
rues ayant été bouclés pour l’occasion, on arrive (Moi, Mati mon compagnon de
course et Inès sa copine) sur les starting blocks qu’une paire de minutes avant
le départ.
Et
puis la foule se déplace lentement vers l’avant au milieu des cris et des
applaudissements, on trottine et c’est parti pour 10 kilomètres entre les rues
bouillantes puis la Rambla de Montevideo. Il fait plus chaud que d’habitude et
nous qui courrons en général au bord de mer sommes surpris par le relief des
rues intérieures, beaucoup de montées et de descentes. C’est une armée de
maillots rouges qui part à l’attaque de chaque sommets et dévalent allégrement
les pentes, jusqu’à la prochaine. Tout les parcours est rythmée par quelques Dj’s,
un concert et même un Candombe (nous reviendrons très certainement sur ce
dernier point lors d’un prochain article).
Je passe brièvement à la seconde 52 !
Dans
Montevideo, les rues entourées de la beauté singulière des maisons coloniales
sont brulantes et on y respire difficilement. L’arrivée sur la Rambla est donc
un bonheur, sentir le vent et l’air de la mer, il reste quatre kilomètres.
Nouveau point d’eau, dernières forces dans la bataille et enfin l’arrivée !
C’est difficilement que je retrouve nos supportrices en la personne de Magda et
une amie puis nos compagnons de course.
Je
termine 2084eme en 53minutes 13secondes, je suis plutôt content pour ma
première course, en tout cas c’était une bonne manière de terminer cette
semaine marathon !
Alors
que l’Uruguay a déjà 9 orteils et demi en phase finale de la prochaine coupe du
monde après leur victoire 5-0 au match aller des barrages contre la Jordanie,
il me semble important d’écrire un petit article sur le football et son
importance dans ce pays.
Parler
de football à un uruguayen (ou à une uruguayenne), ses yeux brillent et ses
premières paroles vont pour la sélection nationale, la Celeste. La Celeste,
équipe mythique, celle qui remporta en 1930 la première édition de la coupe du
monde qui se déroulait… en Uruguay !
Ci-dessus, la victoire en 1950
Il
faut ajouter à leur palmarès une autre coupe du monde, gagné en 1950 alors que
la compétition se déroulait au Brésil. Face
à une équipe brésilienne invincible qui écrasait les grandes nations les unes
après les autres, l’Uruguay se présente un soir de 16 Juillet en outsider
complet, au stade Maracanã, chauffé à blanc par plus de 200 000 brésiliens.
L’Uruguay sort vainqueur 2 buts à 1 dans un match gravé à jamais dans les
esprits uruguayens et dans la partie la plus sombre du cortex des brésiliens.
Côté
Copa américa, épreuve très suivie par tout le continent Sud-américain, l’Uruguay
en compte 15 (dont la dernière édition) ce qui en fait le pays le plus titré
dans cette compétition, devant l’éternel rival argentin et le Brésil.
En
résumé un très beau palmarès pour ce petit pays (par le nombre d'habitants seulement!).
La
ferveur autour de l’équipe nationale peut se sentir d’une manière très simple.
Mercredi, traversant les rues de la ville en voiture pendant la mi-temps du match,
on se croirait dans une cité fantôme, pas une âme en vue, à peine quelques
voitures en circulation. Dix minutes après le coup de sifflet final, sur le
chemin du retour, le trafic dépassait sa densité habituelle, il faut dire que
beaucoup avaient décidé de sécher quelques heures de travail pour assister à l’événement !
Trois stars encore en activité
Alors,
l’été prochain (l’hiver ici), j’espère qu’on verra briller au Brésil Suarez,
Cavani, Forlan, Muslera, Stuani et compagnie et pourquoi pas, rééditer l’exploit
de 1950 !
Le stade Centenario où joue l'équipe nationale que j'avais visité en décembre dernier
Je
suis content de résider dans une ville ou le football a une importance réelle, comme
à Marseille. J’aime l’euphorie qui se crée l’heure avant le match, les gens
dans la rue avec écharpe et maillots, la foule qui grouille autour du stade,
les discussions avant, pendant et après… J’aime regarder des matchs et sentir l’attention
de tous les supporters crispés, nerveux, tous les yeux braqués sur l’écran et
puis soudain l’étincelle qui fait tout exploser, la célébration collective.
Au
niveau national, le championnat uruguayen est assez suivi, bien que le niveau n’atteigne
pas des sommets. La première division est constituée par 16 clubs dont 12 sont
situés à Montevideo. Les clubs sont disséminés dans les différents quartiers de
la capitale. Je fus par exemple surpris que tous les trottoirs d’un quartier aient
été peints en violet. Il s’agissait en fait des alentours du stade de Defensor
dont le club officie sous ses couleurs.
Deux
clubs, Peñarol (en jaune et noir) et
Nacional (aux couleurs de la France) se partagent la tête d’affiche depuis
toujours, 47 titres nationaux pour l’un et 44 pour l’autre. Les rencontres les
opposants étant toujours un grand évènement dans le pays. Je ne pus m’empêcher
un parallèle entre Marseille et Paris vis-à-vis du style de chaque club et des supporters C’est donc naturellement que j’ai décidé de supporter le C.A Peñarol (car il était important que j’en choisisse un ne serait-ce
que pour pouvoir m’immiscer dans certaines conversations !) qui me
paraissait plus à l’image de mon club de toujours.
Sur
ce, même si c’est bien mal engagé, j’espère que la France prendra ce mardi la
direction du Brésil pour Juin prochain !
Il y a un petit moment que je ne vous ai pas écrit, alors en attendant d'avoir quelquechose de suffisamment important pour pouvoir y consacrer un article entier, voici en vrac quelques images de cette dernière quinzaine.
Un apperçu de la campagne, Sierra de los caracoles
Ces derniers jours furent, une fois n'est pas coutume, très chargés et variés. Il y eut mon anniversaire, fêté dignement et bien entouré, un weekend à la campagne pour célébrer un enterrement de vie de jeune garçon, la aussi fêté dignement et bien entouré. Beaucoup de travail avec la maison d'édition à Punta del Este, beaucoup de papiers à faire sur Montevideo pour être en règle avec l'administration uruguayenne, quelques entretiens de travail. Et puis tant d'autres choses encore, d'autres dizaines de kilomètres de bitume avalés en footing sur la rambla, des journées estivales et d'autres d'automne, des habitudes qui se prennent...