Uruguay

Uruguay

dimanche 23 février 2014

La société uruguayenne (première partie)




Il me paraissait important de vous donner un bref aperçu de la société uruguayenne ou orientale. En effet les habitants sont souvent intitulés « orientaux », par exemple pour remplir des papiers la nationalité et souvent présentée ainsi « orientale » ou « autre ». Cela est probablement dû à sa position orientale sur la carte des territoires sud américains hispaniques.

Il me semble important pour parler de la société d’ouvrir sur la démographie, l’Uruguay est un pays de 3 millions et demi d’habitants (7 fois moins que Shanghai, autant que la Mongolie ou le Panama, à titre de comparaison). Montevideo, avec ses 1,4 millions possède plus d’habitants que Bruxelles et à peu près autant que Vienne en Europe ou Quito en Amérique du Sud.



Vue aérienne de Montevideo 

L’Uruguay est donc une microsociété, cela ne veut pas dire que l’on connaît tout le monde dans la rue, loin de là, mais on y croise beaucoup plus fréquemment des connaissances. S’il existe 6 degrés de séparation entre n’importe quels individus sur la planète, je pense que l’on peut aisément diviser ce chiffre en réalisant l’étude  ici.

Moi qui débarquait tout juste de mes expériences précédentes avec l’habitude de l’anonymat des villes fut bien surpris d’être reconnu par certains et de trouver des connexions en commun (parfois surprenantes) avec les gens d’ici (Ah tu es le copain de Magda, ah tu connais tel personne etc).

L'aéroport de Carrasco

La société est forte de ses vagues successives d’immigration et à construit son identité en grande partie au gré de celles ci. La majorité des habitants sont descendants d’Européens, spécialement espagnols et italiens, ils représentent presque les 9/10emes de la population. Y vinrent également de nombreux français qui représentaient une part importante de la population de Montevideo, mais aussi des anglais, des portugais, des allemands, des scandinaves…

Ces influences sont notables et se sentent énormément par exemple dans la gastronomie, on y mange surtout des plats d’origines italienne et espagnole. Les anciens idéaux français comme l’école laïque gratuite et obligatoire furent adoptés et la révolution française à inspiré les mouvements pour l’indépendance du pays, pour preuve voici l’un des premiers drapeaux de l’Uruguay. Les gens sont souvent étonnés de voir qu’un grand nombred’habitants a les cheveux blonds et des yeux clairs, en effet beaucoup de gens d’Europe du nord se sont installés au gré des décennies.


Le reste de la population se divise entre métis (d’ascendance européenne et amérindienne), descendants africains et très peu d’amérindiens. En effet, les charruas, peuple d’indiens qui résidaient aux alentours de cette région qui est aujourd’hui l’Uruguay furent malheureusement presque tous massacrés par les espagnols, le peu qui restèrent après 1830 se mélangèrent progressivement et font aujourd’hui partie de la population métissée. Beaucoup de folklores et de traditions émanent de ces origines, comme par exemple le candombe qui est un style musical à base de percussions issu des esclaves africains ou le maté la boisson si typique de l’Uruguay qui a des origines amérindiennes.

Les réunions sociales ont un rôle très important et rythment la vie en société. Il y a toujours une occasion pour se retrouver en famille ou entres amis, pour prendre un maté, boire un verre, dîner, faire du sport, se promener etc Du coup l’agenda des semaines et souvent assez chargé. Les événements comme le mariage ou la fiesta de quince (fête en l’honneur des jeunes filles lorsqu’elles atteignent l’âge de quinze ans) réunissent souvent plusieurs centaines d’invités. Je suis très étonné de voir que les gens invitent certains collègues de travail à qui ils n’adressent quasiment jamais la parole, aux parents de leurs amis et à beaucoup d’autres gens avec qui ils ne partagent pas grand-chose.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la société uruguayenne mais ce sera probablement l’occasion de futurs articles. Pour conclure, si l’Uruguay a bien sur été influencé par ses deux gigantesques voisins (l’Argentine et le Brésil), le pays a réussi à créer une identité propre et un modèle de société fruit du mélange de toutes ses origines et de sa mixité.

lundi 3 février 2014

Carnaval


Si le temps n'est pas à la fête ces dernières semaines, que la pluie tombe sur tous les drapeaux ensoleillés un folklore redonne des airs estivaux à la vie uruguayenne, je parle bien sur du carnaval ! Le carnaval uruguayen est considéré comme le plus long du monde, il s'étend en effet sur un peu plus d'un mois.

Si la plupart des villes le célèbre, je vais ici vous relater au moins ce qui se passe dans la capitale.


L'ouverture consiste en un grand défilé sur une des principales avenue de la ville. S'y mêlent groupe après groupe tout ceux qui donneront des représentations dans les théâtres et lieux publics de la ville lors des semaines suivantes. Il y a des groupes de parodistes et d'humoristes, des choeurs de murga (voir photo ci dessous) bien accompagnés par des centaines de tambours et des dizaines d'autres personnages mystiques et intrigants.



Negros y lubolos :



Suite à ce grand défilé, un autre est organisé une semaine plus tard, appelé "desfile de llamadas". Il est uniquement composé de tambours jouant au rythme du candombe, un style musical issu des esclaves africains et principalement connu en Uruguay. Le reste du carnaval regroupe l'ensemble des spectacles réalisés par les protagonistes du défilé d'ouverture se déroule dans toute la ville et s'étale jusqu'à la fin février. 




Nous avons eu la chance d'assister à un opéra inédit, Hamlet revu à la sauce carnaval : "Dandy, el príncipe de las murgas". Je dois dire que c'était un grand et beau spectacle, mélangeant le folklore d'ici, le candombe et le tango avec le théâtre de Shakespeare.  

Voila de quoi animer ces jours pluvieux !




mardi 14 janvier 2014

Bonne année 2014!


Vue du Parc Lusich 

Voila, les fêtes de fin d'année sont de nouveau passées, avec leurs lots de festins et de célébrations. 

Le porcelet de noël, l'agneau du nouvel an et tous leurs accompagnements (salade russe, waldorf, vins et bières uruguayennes, medio y medio, champagne, liqueurs de palmier butia, turon...) ont été digérés, les cadeaux déballés et les voeux échangés sous l'oeil de la bienveillante Croix du Sud, amie privilégiée des belles soirées d'été. 


Les deux réveillons sont l'occasion d'échanges de feux d'artifices nourris, une véritable compétition semble prendre place dans chaque quartier. Au plafond étoilé, se joigne alors les fresques éphémères, une chapelle Sixtine dépravée en symphonie explosive. 

Puis nous y voila, 2014, nouvelle année, nouveaux défis et nouvelles aventures ! L'entame s'est faite très en douceur, profitant des jours fériés et des weekend prolongés pour se ressourcer au bord de la mer. 

Vue depuis Punta Ballena

La démographie du pays s'est complètement inversée durant les deux premières semaines de janvier. Montevideo est déserte, on peut y traverser les rues presque sans regarder et on ne fait la queue nul part, tandis que Punta del Este se vit entre embouteillages, plages bondées et arrivée sans fin de voitures et jets privés argentins et brésiliens. 

Casapueblo, oeuvre de Carlos Paez Vilaro

Le reste du temps étant passé au bureau, je n'ai pas énormément à vous raconter cette fois ci, mais j'en profite pour vous souhaiter à tous une très heureuse année 2014.

PS: Pour ceux qui arrivent à l'âge de la retraite, l'Uruguay est entré dans le Top 10 des pays dans lesquels se retirer, à bon entendeur ! 

dimanche 22 décembre 2013

Ce n'est pas moi qui le dis !




2013 s'achève, une année particulièrement médiatique pour l'Uruguay. 

Entre leur président atypique, le mariage gay, la loi sur l'avortement et la légalisation du cannabis, l'Uruguay a régulièrement fait parler dans les médias du monde entier. Une situation qui ne plaît pas forcément aux gens d'ici, qui préfèrent faire profil bas et comme ils le disent: "ne pas être envahis"! 

Dernière sortie en date, l'Uruguay élu pays de l'année par The Economist, ci-dessous l'article relayé par Courrier International:




Un peu plus tôt dans l'année, France 2 avait consacré un reportage sur les expatriés français en Uruguay : 

http://www.francetvinfo.fr/uruguay-le-nouvel-eldorado-des-francais_437770.html

Il y eu aussi ce duo composé d'un russe et d'un anglais d'origine coréenne qui avaient l'habitude de terminer leurs spectacles par une chanson au titre évocateur "Uruguay es el mejor país". La vidéo devenant populaire, le ministère du tourisme les a invité à tourner leur clip sur place, voila le résultat :





En bref quelques images pour vous faire sourire et vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes, voici le temps qu'il fait ici (images prises depuis le bus cet après-midi), il y a du monde à la plage !




dimanche 15 décembre 2013

Montevideo



Rio de la Plata

Je crois qu’avec toutes ces aventures j’ai oublié de vous parler de la ville dans laquelle nous avons élu domicile !

Au large de Montevideo se mélangent les eaux argileuse du Rio de la Plata et celles d'un bleu sombre résultant des incursions de l’Océan Atlantique. Le fleuve est si large qu’on ne voit pas l’autre rive qui n’est autre que… l’Argentine. Du coup, on à l’impression d’une mer et les navires de marchandises et de croisière passant en continu renforcent cette impression. 

Vue depuis la Rambla (par une froide journée de printemps)

Le fleuve est bordée par une Rambla de plus de 20 kilomètres avec des nombreuses plages et beaucoup d’espaces pour les piétons, coureurs, cyclistes, flâneurs etc. La Rambla est avant tout un lieu de vie et dès que les beaux jours arrivent, elle se remplit de monde dès la fin de la journée de travail et tout le weekend durant.

La ville s’étend d’Ouest en Est. A l’extrême Ouest, les quartiers du Cerro (colline) qui (peut être) donna son nom à la ville. Il y a débat sur le nom de la ville, mais voila l’explication que j’aime le plus : Monte (mont) VI (numéro 6 en chiffres romains) D EO (d’Est en Ouest). Soit le sixième mont vu d'Est en Ouest, nom qu’auraient donné les espagnols qui remontèrent le Rio de la Plata. Version incertaine mais poétique qui me plaît bien!




Plaza Independencia

Puis vient le centre et la vieille ville. Entre les deux trônent la grande place de la ville, la Plaza Independencia. Au centre une grande statue de Jose Artigas à cheval, on trouve aussi un morceau de la citadelle qui jadis entourait la ville, le palacio Salvo et la torre ejecutiva où travaille (entre autres) le président de la république.


Ciudad Vieja (la photo n'est pas de moi)

D’un côté de la place se trouve la vieille ville avec ses rues étroites, les charmantes façades de ces maisons sur deux étages, quelques grandes places ombragées et finalement des rues en pentes qui terminent sur le grand port. Il y a les airs de La Havane que j'imagine. On y trouve aussi un certain nombre de bâtiments administratifs, des banques et des ambassades.

Avec la zone du centre, on prend de la hauteur, sur la grande avenue 18 de Julio, les immeubles sont hauts, les rues avoisinantes sont plus agitées et encombrées, autant sur les trottoirs que sur la route. On s’y sent comme dans toutes les grandes villes, tout va vite, il y a du bruit, des odeurs, des vies humaines en pagaille qui se croisent et s’entrechoquent.

« Des visages, des figures
Dévisagent, défigurent
Des figurants à effacer
Des faces A, des faces B


A pas feutrés
Attrait des formes

Déforment, altèrent
Malentendu entre les tours
Et c´est le fou qui était pour »



Noir Désir


Au marché, un dimanche matin

Ensuite vient une série de quartiers résidentiels dans un desquels nous habitons, confort et tranquillité en sont les maîtres mots. S’y mêlent quelques grands centres commerciaux, mais les commerces de quartier sont encore très présents (cordonniers, ferrailleurs, tailleurs, encadreurs etc) et un grand marché à lieu deux fois par semaine. Beaucoup d’espaces verts aussi et puis, bien sur, l’imprenable vue sur la mer !


Puerto del Buceo et le World Trade Center de nuit (là encore pas de moi)

Plus à l’Est se trouve aussi le World Trade Center et ses quelques buildings puis des quartiers chics, où s’alignent des villas toutes plus belles les unes que les autres, des hôtels de luxe…

Au Nord de Montevideo, une succession de quartiers plus modestes, avec des maisons  précaires et puis finalement, des hectares de campagne si caractéristiques de ce pays.

Voila un aperçu rapide (peut être trop) de la ville, mais bon ceux qui veulent en savoir plus devront nous rendre visite !

dimanche 8 décembre 2013

Noël approche !



Il y a un an, nous voyions un horizon différent

Il y a un an, j’étais à une semaine de m’envoler pour l’Uruguay. Découvrir ce pays dont j’avais tant entendu parler à travers Magda. Aller voir de plus près à quoi ressemblait cette côte dorée sur fond azur, Montevideo dont le seul nom est une invitation à la découverte, les gauchos sur leurs montures, les champs à perte de vue, l’odeur de la viande grillée sur la parrilla ou celle d’un océan d’embruns sur la Rambla.

Nous y avons passés 15 jours superbes, intenses et bien sur, passés trop vite. Mais surtout, nous étions si loin d’imaginer que neuf mois plus tard nous élirions domicile dans la capitale sud-américaine.

Et me revoilà ici en décembre, la barre des trente degrés franchie quasi-quotidiennement. L’avant noël et les fêtes de fin d’année combinées à la chaleur de l’été reste un élément surprenant. Les lunettes de soleil sont devenues l’accessoire le plus essentiel lorsque je pars au travail, le port de la cravate n’est plus obligatoire jusqu’en mars et les tenues d’hiver ont toutes été mises de côté. Le contraste avec les vêtements chauds des pères-noël qui ont pris place un peu partout est saisissant.


Playa Mansa, Punta del Este

Depuis le weekend dernier nous avons entamé le rituel des « despedida del año ». Il s’agit de se retrouver avec les différents cercles d’amis et compagnons d’activités au mois de décembre pour fêter la fin de l’année en cours et l’arrivée de celle qui vient. Les rassemblements sociaux rythment la vie de l’Uruguay et toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver entre amis que ce soit autour d’un repas, d’un maté, d’une bière ou encore pour aller courir.

 J’en ai profité pour découvrir la station balnéaire d’Atlantida et prendre mon premier bain uruguayen de la saison à Punta del Este. L’eau est fraîche mais tout à fait baignable, la période estivale s’annonce donc sous les meilleurs hospices !

dimanche 24 novembre 2013

Naissance d'un uruguayen



Palacio Salvo

Cette semaine aura été décisive dans mon parcours en terre uruguayenne. Après deux mois et demi ici, pas mal de choses ont fini par se débloquer. Tout d’abord avec l’obtention de la Cédula. Sacrosainte carte pour tous les résidents du pays. Désormais la séquence de 8 chiffres y figurant (que les habitants connaissent en général par cœur) permet de m’identifier dans à peu près toutes les situations de la vie quotidienne, de l’achat d’un meuble, à des fin administratives ou encore pour gagner des jeux concours. En bref, elle était essentielle pour ma survie à long terme sur ce territoire ! Il aura fallu passer des heures d’attente au service des migrations puis au service de la carte elle-même, mais finalement les choses se sont faites assez vite et bien et je la récupérais jeudi.


La Rambla au soir

Jeudi, également le jour où j’appris LA bonne nouvelle de la semaine : j’ai trouvé du travail ! Et j’ai commencé… ce vendredi ! Le poste consiste à s’occuper des approvisionnements pour le compte d’un grand groupe suisse (je peux vous donner plus de détails personnellement pour les intéressés !). En tout cas nous sommes très contents que ce point là se soit débloqué.



                                                                            Avant le départ

Et samedi, pour compléter ma semaine d’intégration, il fallait que je participe à un événement rassemblant les uruguayens (en plus d’avoir regardé la qualification au mondial mercredi bien sûr !). Quoi de mieux qu’une grande course organisée par Nike à laquelle participait plus de 10 000 personnes !

Samedi, depuis deux jours le baromètre est élevé, heureusement le départ est prévu à 20h30, la course se passera le temps du coucher de soleil. Un grand nombre de rues ayant été bouclés pour l’occasion, on arrive (Moi, Mati mon compagnon de course et Inès sa copine) sur les starting blocks qu’une paire de minutes avant le départ.
Et puis la foule se déplace lentement vers l’avant au milieu des cris et des applaudissements, on trottine et c’est parti pour 10 kilomètres entre les rues bouillantes puis la Rambla de Montevideo. Il fait plus chaud que d’habitude et nous qui courrons en général au bord de mer sommes surpris par le relief des rues intérieures, beaucoup de montées et de descentes. C’est une armée de maillots rouges qui part à l’attaque de chaque sommets et dévalent allégrement les pentes, jusqu’à la prochaine. Tout les parcours est rythmée par quelques Dj’s, un concert et même un Candombe (nous reviendrons très certainement sur ce dernier point lors d’un prochain article).  


Je passe brièvement à la seconde 52 !

Dans Montevideo, les rues entourées de la beauté singulière des maisons coloniales sont brulantes et on y respire difficilement. L’arrivée sur la Rambla est donc un bonheur, sentir le vent et l’air de la mer, il reste quatre kilomètres. Nouveau point d’eau, dernières forces dans la bataille et enfin l’arrivée ! C’est difficilement que je retrouve nos supportrices en la personne de Magda et une amie puis nos compagnons de course.

Je termine 2084eme en 53minutes 13secondes, je suis plutôt content pour ma première course, en tout cas c’était une bonne manière de terminer cette semaine marathon ! 


  Mes compagnons de course